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Présentation d’ANIMespacelST
Par Christelle Coppolino
En décembre 2009, la galerie ANIMespacelST ouvrait ses portes dans l'une des arcades rattachées à la Cité Universitaire. Axée sur l'art amérindien, elle est la première galerie suisse d'art contemporain de ce genre.
Découvrez les Amérindiens comme vous ne les avez jamais vus, bien loin des stéréotypes américains et du cinéma hollywoodien.
La galerie a été ouverte à la suite lors d'une rencontre entre deux êtres. Si tout les séparait - un océan - c'est Internet qui a réuni Kerry et Anne. Après des échanges et deux ans d'attente, il a pu venir en Suisse. «La Suisse est un pays si calme, je me sens en sécurité» dit-il. Et oui, car Kerry Atjecoutay est un Amérindien et aux Etats-Unis il ne fait pas bon en être un.

Persécuté depuis que l'homme blanc a mis le pied sur le nouveau continent, c'est depuis cinq cents ans que les tribus ont été décimées et traitées de la plus vile des façons sans aucun respect pour leur culture millénaire.
Kerry Atjecoutay vient d'une réserve de Saskatchewan au Canada, elle date de 1876. Il est difficile en quelques lignes de parler d'un massacre qui a changé à tout jamais la vie de millions d'Indiens.
Confinés dans des réserves d'où ils n'ont eu droit de sortir qu'à partir des années cinquante, les Indiens ont peu à peu perdu le contrôle de leur vie et de leur culture. Entre la manière de laquelle ils vivaient avant les réserves et l'arrivée des Européens, puis la vie dans les réserves et ensuite le contact au-dehors, il y a un monde. Un monde qui n'avait pas de place pour eux et où la vie sociale avec ses problèmes d'alcool et de drogue n'était pas la leur.
«Nos parents ont souffert l'indicible et puis se sont entièrement perdus dans les Residential School. Pour l'alcool et les drogues, la misère et toutes ces solitudes, ma génération est dédommagée, ce qui lui permet aujourd'hui de se construire un avenir indien. Or, sérieusement, je pense que l'avenir c'est la mémoire, la résistance et le changement: c'est maintenant l'animisme».
Kerry Atjecoutay est un artiste-peintre Anishinabee de la Nation Première de Cowessess. «Figure connue du public, il est concerné par l'histoire et la créativité aborigène. Il commence sa carrière dans le monde rigide et méticuleux du vitrail avant de se tourner passionnément vers la conception de fresques murales et la peinture sur bois et canevas», explique Anne Perzoff.
Il est défini comme expressionniste abstrait. Son but premier est de casser la conception erronée que les gens ont des Indiens d'Amérique et de leur en présenter une plus contemporaine. Il réalise des peintures représentant des couvertures (symbole important) ou plusieurs couches, d'abord une toile de jute puis des pigments colorés apposés, de la peinture à l'huile et acrylique, se superposent afin de former un tout qui est ensuite brûlé.
A travers ses oeuvres, Kerry Atjecoutay tente de redéfinir toute l'histoire d'un peuple et de retrouver peu à peu leur place sur leur propre terre à l'instar d'autres peintres amérindiens tels que Fritz Sholder et Denise Giago, pour ne citer qu'eux.
La galerie Animist a pour vocation de présenter des peintres amérindiens et de promouvoir la culture des Peuples Premiers.C'est aussi une association qui propose un espace d'échanges et de rencontres.Au programme: expositions, projections de films et emprunt de livres afin d'informer le public des réalités des peuples animistes.
Christelle Coppolino
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